Kim Sacks, Ph.D.
Média, Art & Design

Foules et coercition

Thèse de Doctorat d'Arts

Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne
Institut Acte – CNRS UMR 8218
Ecole Doctorale ED 279
Arts Plastiques, Esthétique et Sciences de l’Art

Résumé

Par l’analyse des pratiques de l’image, artistiques et médiatiques, le texte entend mettre au jour les mécaniques de la société du spectacle, altérées par les révolutions de la technologie de l’information et de la communication. Dans les espaces virtuels, la médiatisation émerge comme la modalité principale de toute forme d’interaction dématérialisée. L’image exerce sa puissance et conditionne les comportements. Pourtant, l’image peut s’opposer au flux dominant du spectacle et offrir un espace d’expression à contre-flux, contestataire et radical. Ce texte examine la consommation des représentations dans cette société du spectacle où la coercition anime la psychologie des foules – nuages fluides de particules individuelles séparées dont les mouvements chaotiques semblent imprévisibles. Cette recherche élabore une typologie des foules repensée au travers de la coercition des images, des médias et du pouvoir de la technologie sur le libre arbitre individuel. En s’appuyant sur des représentations iconiques de la violence et de la mort dans les événements visuels globaux – à l’instar de la photographie sidérante The Falling Man – ce texte aborde les tensions entre dispositifs, information et foules en dressant le portrait de l’Homme hypermoderne face aux foules virtuelles. Soumis au flux d’images constant, il semble en quête permanente d’une liberté insaisissable, fruit d’une identité qui peu à peu se dissipe au sein d’une société à la dérive incitant à ne vivre que par l’externalisation dans les technologies : utopie d’un Homme transparent, dépourvu d’intériorité, vivant dans l’espoir d’outrepasser la mort par la projection de soi dans le flux d’information.

Abstract

Through the analysis of artistic and media-generated imagery, this text seeks to shed light on the mechanisms of the society of the spectacle, altered by the revolutions of information and communication technology. In virtual spaces, mediatization has emerged as the main modality of every dematerialized interaction. Image exercises power and conditions behaviors, but may also act counter to the dominant stream of spectacle thus opening a space for a counter-current both controversial and radical. This text examines how image is consumed in this society of the spectacle, in which coercion drives crowd psychology – fluid clouds of unique separated particles whose chaotic movements appear unpredictable. This research establishes a typology of crowds revised through the coercion of images, media, and the power of technology over individual freewill. By studying iconic images of violence and death in global visual events – as exemplified in The Falling Man, a photograph that stuns the viewer – the text raises issues concerning the seeming tensions between devices, information and crowds, while displaying the portrait of hypermodern Man in his relationship toward virtual crowds. Man, subjected to incessant streams of images, seems to be on a permanent quest for a freedom which eludes him, a consequence of an identity slowly dissipating into the mainstream. This text proposes an analysis of a society running adrift, a society offering nothing but a life of self-disembodiment into technological devices : utopia of a new transparent Man, deprived of self, living only in the hope of achieving immortality by projecting the self into the information stream.