Kim Sacks, Ph.D.
Média, Art & Design

Projets

Quelques projets et travaux en cours. Des programmes, des objets, des formes, de l'art et du design.

Tentative d’épuisement de la censure

Installation, 2018
1 unité centrale, 2 écrans
Programmée en Python avec PyGame, Urllib2, Twython, API Twitter

Ce projet expérimente l’épuisement de Twitter au travers de la mise en avant des contenus extrêmes du service.

A l’aide d’un programme s’appuyant sur les API publiques de Twitter, l’œuvre filtre le live feed du réseau social et ne laisse voir que les contenus, textuels et imagés, qui procèdent d’une modération, et ce, avant leurs suppressions. Grace à une sélection spécifique de mot-clefs, l’algorithme ne laisse s’afficher que les posts ayant des contenus signalés comme inappropriés pour le service.

En outre, l’œuvre propose un système de sauvegarde de tous ces contenus qui feront l’objet d’une modération. L’aspect temps réel de l’œuvre permet de s’insérer dans l’intervalle de temps entre une publication et sa suppression.

Il en résulte une œuvre en deux volets : un dispositif d’affichage et un serveur de stockage. Une liste des tweet et des contenus visuels s’affichent en temps réel sur deux écrans. Les contenus restent jusqu’à être remplacés par les derniers contenus publiés. Parallèlement, le serveur enregistre l’intégralité des contenus filtrés, soit, une tentative de sauvegarde des contenus sujets à la censure.

The Falling Man

Installation, 2017
Raspberry pi, caisse en bois et acrylique, écran immergé, enceinte
Programmée en Python avec OpenCV, Rpi.Gpio, PyGame, Scipy, Skimage, Matplotlib, Numpy

Dans une pièce, une boite noire. Des voix s’en échappent. Dans un fond de grésillement, des transmissions se font entendre. Peu-à-peu, le spectateur décèle des bribes de conversations d’une tour de contrôle et de pilotes d’avion. Il s’agit de l’intégralité des communications entre les centres de contrôles aériens et les avions détournés du 11 septembre 2001.

A l’ouverture de la boite, les sons s’arrêtent. Au fond du caisson, un écran immergé dans un liquide révèle progressivement une image : The Falling Man, photographie sidérante de Richard Drew. La capture par l’image d’un moment suspendu, la chute d’un homme vers la mort. Instant éternellement figé par l’image. L’exposition de la photographie, puis sa révélation précède son immuable disparition pour ne laisser finalement que la mémoire commune de l’événement visuel global.

Pour faire subsister l’image, le spectateur se doit de détourner symboliquement le regard et de refermer la boite noire pour pallier à la disparition programmée de l’image numérique. Le spectateur doit faire un choix : soit la révélation de l’image dépourvue de son, soit privilégier la parole à l’image. Toute ouverture de la boite provoque la destruction progressive de l’image. L’action est irréversible.

Tentative d’épuisement de la foule numérique

Installation, 2017
6 unités centrales, 3 écrans, 1 vidéoprojecteur, 4 webcams
Programmée en Python avec OpenCV, UDP, Urllib, Graph API, Numpy, PyGame, Matplotlib

Cette œuvre est l’expérience de l’épuisement de la foule numérique. Un algorithme extrait en temps réel l’intégralité des photographies de profils des utilisateurs de Facebook. Les données sont stockées pour former une foule numérique, en constante mutation.

En face des machines est projeté, en un flux continu, des visages d’utilisateurs du réseau social Facebook. Au dessus de cette projection, des capteurs de mouvements reliés au flux d’images, interrompent la projection lorsqu’un spectateur entre dans l’espace central de l’œuvre. La projection s’arrête pendant les mouvements du spectateur et reprend en son absence.

Au sol, deux moniteurs de contrôle, surmontés de caméras, font face à l’écran de projection. Grâce à un système de photo-finish, sur les écrans apparaissent des chrono-photographies de l’espace, superposant les spectateurs présents physiquement et le flux de profils. Les caméras captent le mouvement des spectateurs pour les intégrer au flux des visages de la foule numérique. Apparaît alors une image évoquant l’ADN de la foule où le spectateur en mouvement fige le flux de visages. Il s’agit de donner à voir une trace des interactions entre la foule numérique dans son processus d’épuisement et le mouvement des spectateurs.